Jehanne la Pucelle - Extraits 

Le 10 novembre 1407, la reine Isabeau de Bavière accouche d'un enfant en l'Hôtel Barbette. La généalogie royale du Père Anselme confirme qu'un enfant prénommé Philippe, qui n'a vécut qu'un jour, est né de la reine ce jour là et fut porté le soir à l'Abbaye de Saint-Denis pour y être inhumé. Puis, sans en donner de raison, l'abbé Villaret, secrétaire des Pairs de France, change le prénom, Philippe devient Jehanne et l'abbé Villaret écrit : "  Jehanne, qui ne vécut qu'un jour " .

Trois siècles plus tard, en 1793, les révolutionnaires ouvrent les tombes de l'Abbaye de Saint-Denis et dressent un inventaire minutieux, tout est noté par le commissaire chargé de surveiller l'exhumation. Dans cet inventaire, on ne trouve aucune trace d'un enfant prénommé Philippe, pas plus que Jehanne, dans l'orbituaire de l'abbaye de Saint Denis, on ne trouve aucune messe célébrée en la mémoire de l'enfant royal, comme il était la coutume du faire.

Ce 10 novembre 1407, Isabeau de Bavière donne donc naissance à Jehanne. Après son accouchement, la reine de France est vivement touchée, dit les chroniques, sur le serait à moins si elle avait perdu son enfant. Puis, le 23 novembre, 13 jours après la soi-disant inhumation de l'enfant, c'est la fête ! A l'Hôtel Barbette, la reine et le duc d'Orléans " dînent joyeusement " . Loin d'être horrible, la raison de cette joie est bien naturelle : toutes les instructions concernant la sécurité de la petite Jehanne ont été données, Isabeau de Bavière est pleinement rassurée.

Au début de cette nuit, un valet frappe à la porte : « Monseigneur, dit-il au duc d'Orléans, le roi vous demande de venir sans délai. » Louis enfourche sa monture et part, soudain, au détour d'une ruelle, 18 hommes se jettent sur lui en criant : « A mort, à mort ! » Une main coupée, le crâne défoncé, Louis d'Orléans succombe en quelques instants. Organisateur de l'attentat, Jean-sans-Peur s'est vengé de celui qui avait séduit son épouse une dizaine d'années plus tôt.

En 1429, Perceval de Boulainviliers, chambellan du roi, écrit au duc de Milan :

 " Dans la nuit de l'Epiphanie, des hommes porteurs de flambeau avaient troublé la quiétude habituelle. Invités à célébrer l'événement, les villageois de Domrémy, ignorants qu'une fille était née, allaient ça et là pour s'informer de ce qui était arrivé " .

Le récit est pour le moins insolite. d'abord parce que les porteurs de flambeau étaient réservés à l'escorte des personnalités royales. Deuxièmement parce que, dans un village de 30 foyers, lorsque la femme du maire est enceinte, aucun habitant ne l'ignore, et lorsque l'accouchement arrive, personne ne devrait avoir besoin de s'informer de ce qui se passe. Troisièmement parce que Perceval se contente d'écrire : " Dans la nuit de l'Epiphanie" , en se gardant bien d'indiquer une année !

Né en 1375, Jacques d'Arc était issu d'une famille d'ancienne chevalerie. En 1400 il épouse Isabeau de Vouthon. Femme de grande valeur, emplie de cette piété humaine qu'exalte le mouvement franciscain, Isabeau appartient au Tiers Ordre.

A Domrémy, Jacques d'Arc est à la fois doyen, chef des archers et procureur fondé devant Robert de Beaudricourt, capitaine de Vaucouleurs.

En janvier 1408, dès que Jehanne est placée sous la protection de Jacques et Isabeau, d'autres d'Arc apparaissent à la Cour. Ainsi, le dauphin de France, futur Charles VII, est confié à d'autres membres de cette famille, dévouée à l'Ordre Franciscain.

L'enfant des prophéties est d'une extrême sensibilité qu'elle tient de son père Louis d'Orléans, réputé pour ses dons de voyance. L'éducation qu'elle va recevoir finissent de la préparer à sa mission, sa mère utilise toutes ses capacités de tertiaire pour forger ce caractère d'élite, amenant la fille d'Isabeau de Bavière à cette extraordinaire spiritualité dont elle ne se départira jamais .

Jehanne est donc peu attirée par les jeux qui se pratiquent à l'époque, elle se retire fréquemment dans la solitude pour prier et va souvent au Bois Chesnu, à l'Arbre des Dames. L'Abre Dominarum qui appartient à la tradition celtique et définit la connaissance.

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