
Marie-Antoinette - Extraits

Née à Vienne en Autriche le 2 novembre 1755, Marie-Antoinette est la quatrième fille de l’empereur François Ier de Lorraine et de Marie-Thérèse d’Autriche.
Afin de réconcilier la monarchie française avec celle des Habsbourg, son mariage avec le Dauphin Louis, futur Louis XVI, est organisé le 16 mai 1770.
Elle devient reine en 1774. Dix ans plus tard, elle soutient les intérêts de son frère Joseph II dans sa querelle avec les Pays-Bas, c’est alors que le peuple lui donne son surnom : " l’Autrichienne ".
1785, c’est l’affaire du " collier " qui éclate. Marie-Antoinette est victime d’une escroquerie montée par une aventurière qui se fait appeler La Motte-Valois. Sûre de son innocence, elle exige son arrestation et un procès public. La fausse comtesse est condamnée et le scandale éclabousse la couronne française.
Le 5 mai 1789, c’est la réunion des Etats Généraux, le 14 juillet, la prise de la bastille et depuis octobre, Marie-Antoinette est quasi-captive de la nation avec sa famille. Elle fait face avec courage et dignité aux grandes journées révolutionnaires, c’est sur elle que se cristallisent les haines populaires. Elle n’est plus que l’infâme, la bête féroce dont il faut arracher le cœur.
En août 1792 elle est emprisonnée au Temple, puis à la Conciergerie en août de l’année suivante. Ce 15 octobre 1793, depuis deux jours Marie-Antoinette est devant ses juges. Parmi eux Armand Herman, président du tribunal et Fouquier-Tinville-Tinville, accusateur public.
Herman : Citoyens jurés, vous jurez et promettez d'examiner avec l'attention la plus scrupuleuse les charges portées contre Marie-Antoinette, veuve de Louis Capet, de ne communiquer avec personne jusqu'après votre déclaration ; de n'écouter ni la haine, ni la méchanceté, ni la crainte ou l’affection ; de vous décider d'après les charges et les moyens de défense, et suivant votre conscience et votre intime conviction, avec l'impartialité et la fermeté qui convient à un homme libre. Dites : Nous le jurons.
Fouquier-Tinville : Quel était donc votre objet en quittant le centre de la France ? Marie-Antoinette : De nous donner une espèce de liberté que nous n'avions pas depuis le mois d'octobre 1789, mais de ne jamais quitter la France.Fouquier-Tinville : Pourquoi promettiez-vous donc au peuple, à votre retour de Versailles, de lui rester attachée et de vous plaire à vivre au milieu de Paris ? Marie-Antoinette : C'était pour revenir plus librement au milieu du peuple que nous faisions notre course. Herman : Comment cette fuite s'accordait-elle avec la question que vous fîtes à la municipalité la veille de votre fuite : " Eh bien, dit-on toujours que nous voulons quitter Paris ? "Marie-Antoinette : Ce n'est pas à la municipalité de Paris que j'ai fait cette question, c'est à un aide de camp de Lafayette, et devant suivre ceux qui partaient, jamais je n'ai dû en avoir l'air. Herman : Comment, ayant avoué que vous ne désiriez que la prospérité et la grandeur de la nation française, avez vous pu manifester un désir aussi vif d'employer tous les moyens pour vous réunir à votre famille en guerre ave la nation française ? Marie-Antoinette : Ma famille sont mes enfants, je ne peux être bien qu'avec eux, et sans eux, nulle part.